Relaxation

Marie Sabine Bertier Blancher

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Pour rétablir la communication vivifiante corps/mental et donc notre équilibre global : simple, brève, agréable, vite efficace, la relaxation est accessible à tous.

La relaxation appartient à la grande famille de l’hypnose ou de l’auto hypnose.
Dans tout exercice hypnotique, il s’agit d’induire quelque chose.
En relaxation, il s’agit d’induire la présence à l’ici et maintenant, confortable, détendue et confiante.

La relaxation court-circuite le contrôle mental.

La relaxation s’adresse à la partie de notre cerveau la plus archaïque, appelée cerveau reptilien. C’est la partie qui réfléchit le moins, qui réagit le plus. Le cerveau des crocodiles, et des tortues. À ce type de cerveau, il est nécessaire à la fois de s’adresser par des propositions affirmatives, répétitives, avec des mots simples, sans nommer directement l’objet. Car si ce type de cerveau est sollicité sur un sujet, il se focalise dessus. Il ne fait pas la différence entre affirmatif, négatif et interrogatif.

Un crocodile à qui on dit de ne pas manger l’agneau, il le mange. Un insomniaque qui tente de s’endormir et croit faire de la relaxation en se répétant qu’il n’a pas de problème de sommeil… En réalité se concentre sur son problème de sommeil et ne s’endort pas. Au contraire s’il se dit qu’il est tout à fait calme et détendu, tout à fait détendu et relaxé, il a des chances de s’endormir. Là, il se relaxe. Il lâche son problème pour s’intéresser aux conditions concrètes du résultat. Cela produit de la relaxation. Et il se peut qu’il s’endorme.

En relaxation, plusieurs choix et Exit le mental.

Un principe fondamental de la relaxation est d’ouvrir les possibles. Car le but est de lâcher la maitrise. Or  une consigne ou une proposition unique ou fermée, ou même deux propositions ferment les possibles.  En effet, c’est blanc ou noir, bien ou mal. Il n’y a pas de choix. Il faut maitriser pour entrer dans les cases proposées. Pas de relaxation possible puisqu’il y faut maitriser.

Dès qu’il y a plus d’offres ou une offre ouverte, il y a invitation à imaginer. Et l’imagination n’est possible qu’en dehors de la maitrise. L’imagination, comme le désir, le plaisir, la joie, viennent sans se commander. Ils sont freinés par la recherche volontaire et méthodique. Il en résulte que plus la consigne est foisonnante, jusqu’à devenir contradictoire en elle-même, plus l’effet relaxant est fort. Car alors l’invitation est claire. Il s’agit de laisser la liberté. Cela permet à la personne de trouver sa propre cohérence. Par suite elle trouve aussi sa créativité singulière. Autrement dit, elle se centre sur ses propres ressources autrement. Elle se centre sur-elle même. Exit le mental qui ne s’en n’est même pas rendu compte.

L’efficacité de la relaxation vient de la répétition et de l’entrainement régulier.

Au fil de l’expérimentation, au fil des répétitions régulières, la personne apprend à se laisser aller puisque c’est la consigne. Elle comprend consciemment et inconsciemment  le fonctionnement du système d’induction. Il est même probable qu’elle avance dans l’expérimentation plus vite que le narrateur qui ne le saura pas mais pourra s’autoriser à aller un peu plus vite dans des descriptions un peu moins détaillées au fil du déroulement de l’exercice d’induction.

Les exercices de détente et de relaxation proposés ici produisent ce qui l’est convenu d’appeler un état de conscience modifiée. C’est un phénomène appartenant de près ou de loin à la grande famille de l’hypnose. La partie consciente de la personne part dans un champ de sensations et de fonctionnement proche du sommeil tandis qu’une partie moins consciente se met en posture d’hyper veille, comme les chevaux qui dans le désert à la fois dorment et sont capables de fuir à la venue d’un chacal avant détection même par de fins radars.

Il est essentiel que la personne revienne à son état de conscience habituel, celui de son quotidien, qui est probablement un peu différent de celui dans lequel elle se trouvait en fin d’exercice. Car le but en cette phase de clôture est qu’elle reparte bien au contrôle d’elle-même en ayant retrouvé ses modes de fonctionnements habituels et surtout ses défenses essentielles.

Il est donc essentiel à la fin de l’exercice que la personne revienne à son état normal de manière à ce qu’elle reparte dans son environnement de vie, bien au contrôle : c’était le but de l’expérimentation. Pour cela il est impératif de :

  • d’abord bouger énergiquement (pour reprendre conscience et contrôle de son corps) ;
  • puis de prendre un grand inspire (pour reprendre conscience de l’existence du monde qui entre et sort de soi) ;
  • et seulement enfin d’ouvrir les yeux (pour considérer dans quelle mesure il est envisageable de maitriser quelque chose, ce qui n’est raisonnablement envisageable que si l’on est conscient qu’on existe ici et maintenant et que le monde est ce qu’il est).

Si quelqu’un termine l’expérimentation en se sentant un peu vaseux, ou engourdi, il.elle doit dans un premier temps  bouger, marcher, respirer. Si cela dure, elle doit se remettre en état de conscience modifiée, refaire l’exercice de manière plus brève mais suffisante, ce qui sera aisé puisqu’elle vient de le faire, et revenir en étant spécifiquement attentif.ve à l’ordre et à la qualité des modalités de retour : d’abord reprendre conscience et contrôle de soi, puis reprendre conscience de l’existence du monde et enfin, maitrise. Le déroulement de cette reprise peut être fait de manière plus brève, en disant par exemple chaque étape une ou deux fois seulement et en ne disant que les 4 premières relatives aux membres. Puis reprendre, « bouger énergiquement ses bras et ses jambes, son cou, puis prendre un grand inspire, et enfin ouvrir les yeux » : cela ramènera ici tout fait bien dans le présent à vivre. En effet, les retours un peu vaseux sont dus le plus souvent à un désordre dans le retour.

[1] M. Erikson, ibid., 23.

J.H. Schultz, Le training autogène, PUF, 1932, 1958.

Marie Sabine Bertier Blancher


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